mercredi 30 janvier 2008

CANONS A NEIGE EN AUVERGNE

Canons à neige ou enneigeurs ? Peu importe la façon dont on appelle ces outils devenus indispensables à toutes les stations de ski, y compris celles situées à trés haute altitude.
L' Auvergne et le Cantal n'échappent pas à cette réalité, qu'on en juge: 240 canons à Super Besse, 82 au Mont Dore, 28 à Chastreix, 139 au Lioran (commune de Laveissière) dans le Cantal.
L'alimentation en eau de ces matériels est assurée par des retenues dont les détracteurs pensent qu'elles saccagent les paysages montagnards: il est vrai que la multiplication de ces équipements ainsi que leurs aménagements connexes ne sont pas un modèle d'intégration, loin s'en faut.
Pis, personne à notre connaissance, ne s'est réellement penché sur les possibilités de multifonctionnalité de ces étendues d'eau; le Cantal pas davantage qui prévoit la réalisation pour l'hiver prochain, d'une seconde retenue (90 000 m3).

La raréfaction de la neige certaines années peut entraîner des difficultés économiques importantes compte tenu du grand nombre d'acteurs concernés: salariés, techniciens, hébergeurs, commerçants, etc...Sur ces critères, la neige de culture est devenue indispensable à la pratique du ski; le ski de fond, qui se pratique lui à des altitudes généralement inférieures, n'échappe pas au phénomène.
Encore faut-il qu'il fasse suffisamment froid pour que le mélange eau/air se transforme en billes de glace et perdure assez longtemps: or il arrive que la température ambiante soit trop élevée pour faire de la neige de culture. Cette situation est sans doute plus fréquente aujourd'hui qu'à l'époque de l'apparition des premiers canons à neige.
Que faire alors ? Il est possible de mettre des additifs dont le décrié SNOMAX. Ce produit utilise une bactérie cryogène qui vit naturellement sur les feuilles des végétaux. Après traitement et conditionnement, cette bactérie permet d'obtenir des neiges de culture jusqu'à 3/4 °C.
Seulement voilà, cette technologie n'est peut être pas sans risques:un certain nombre de questions apparait.
Quelle peuvent être les conséquences environnementales de la dispersion massive de cette bactérie dans la nature ? L'exposition des techniciens, voire des skieurs, est-elle sans danger ? Est-il possible que prolifèrent dans le milieu de culture du SNOMAX, des bactéries pathogènes naturellement présentes dans l'eau utilisée ? La fonte retardée de la neige de culture a-t-elle des conséquences sur le cycle des végétaux ?
Voilà quelques questions parmi d'autres; les réponses jusqu'ici apportées ne sont guère convaincantes dans la plupart des cas. Pour cette raison sans doute, les stations de ski communiquent peu sur ces problèmes, et il est extrêmement difficile de savoir lesquelles utilisent des additifs.
Dommage, car les enneigeurs, même s'ils traduisent souvent une fuite en avant, n'en constituent pas moins une réalité importante qui ne saurait à nos yeux être rejetée en bloc

vendredi 25 janvier 2008

"RANDONNEES EN QUAD AU LIORAN"

Tel est le titre d'un article paru dans le journal "La Montagne": sa lecture m'a beaucoup amusé.
Laissons de côté l'aspect passionnel qu'induisent les loisirs motorisés (pour / contre), pour constater que d'une façon générale, la loi de 1991 n'est pas appliquée. Mieux, sous couvert d'animation locale, de renforcement du lien social dans les communes et pourquoi pas d'oeuvres caritatives (le Téléthon par exemple), on assiste impuissant à une banalisation hors du cadre réglementaire de ces activités.
Mais pour en revenir à l'article, force est de constater que les promoteurs de l'activité en question, à moins que ce ne soit le rédacteur de l'article, ont fait le maximum pour présenter sous ses meilleurs atours, une activité dont ils savent fort bien qu' elle n'est pas forcément dans l'air d'un temps où l'on ne parle que de planète à sauver, de nature à protéger, de développement durable, de gaz à effet de serre, etc...
Qu' on en juge:
Le circuit ? "Déclaré et balisé" Convient-il donc de comprendre que ces engins sont respectueux de la loi (ce qui reste à prouver) et n'investissent qu'une petite partie d'un territoire ?
Le circuit encore ? "Des pistes enneigées et des chemins dans les bois" Que du naturel donc: mais s'est-on concertés avec les utilisateurs, éventuellement antérieurs, de ces espaces ( Raquettes, skieurs de fond, randonneurs) ?

Les quads ? "250 cm3" Faut-il en déduire que l'on a affaire à de petits engins, n'apportant donc que de faibles nuisances par rapport à des avantages jugés bien supérieurs ?

Le carburant ? "Du bioéthanol" Voilà donc bien des quads écologiques pour qui ne sait pas que les agrocarburants sont tout sauf bio et encore moins écologiques.

Petite précision: je ne suis pas un défenseur des loisirs motorisés, je n'en suis pas non plus un opposant farouche et irréductible.

Par contre je m'amuse à la lecture de certains textes...

vendredi 18 janvier 2008

Enfin du soleil


La semaine qui s'achève fut fort mouvementée en Auvergne, dans le Cantal et sans doute ailleurs: tempête, vent, pluie et neige ont constitué l'ordinaire des jours et des nuits.
Difficile dans ses conditions de trouver les lieux propices à la pratique de nos passe temps favoris en hiver: le ski de fond et la raquette. Seule la forêt sut nous accueillir comme il convenait. Avec délices nous avons retrouvé une des fonctions aujourd'hui souvent oubliée de la forêt: le refuge et la protection. Le plaisir fut intense d'imaginer la tempête faisant rage en voyant les cimes se balancer violemment, alors que nous pouvions évoluer et même piqe niquer dans un confort certain.
Aujourd'hui, le soleil est enfin revenu et nous avons pu nous approcher du Puy Mary (1787 m.). Malgré tout, la neige était bien lourde: gare aux ponts de neige fragilisés, sous le poids des raquettes. Quant aux skis, ils avaient quelque difficulté à procurer cette sensation de glisse tant recherchée.

Mais quel paysage !

samedi 12 janvier 2008

Tunnel du Lioran: de la fierté à la honte

"Une image désastreuse du Cantal" dixit le président du Conseil Général: une de plus serait-on tenté de dire !
De quoi s'agit-il ? Un tunnel routier flambant neuf, fermé à deux reprises suite aux dégâts engendrés par des ensembles routiers hors gabarit: à n'en pas douter, la responsabilité des chauffeurs me semble avérée, tant les informations en amont sont réelles et multiples. Trop nombreuses sans doute: limitations, interdictions,obligations et indications se succèdent sur quelques centaines de mètres au point de rendre peu lisibles toutes ces informations...au demeurant essentielles à la sécurité! Tout est annoncé, mais rien n'est clairement lisible pour les chauffeurs de véhicules routiers, quelle qu'en soit la taille.
Une chose est sûre: le vieux tunnel obsolète et dangereux acceptait les véhicules de 4.50m de haut, alors que le nouvel édifice ne supporte que les engins n'excédant pas 4.30m. Comprend qui peut!!!
Alors chacun y va de son couplet: et les moins cocasses ne sont pas les propos de certains élus, outrés (outragés?) de découvrir la réalité sur l'air bien connu de "on nous cache tout on nous dit rien": voilà que ces braves gens tentent de se dédouaner en allumant des contre feux afin de convaincre l'opinion qu'ils n'étaient pas au courant de la taille et des dimensions de l'ouvrage. Voilà un beau sujet de dissertation sur le sens de la responsabilité .... Ceci étant, notre tunnel semble, c'est selon, conforme aux normes tantôt nationales, tantôt européennes: j'en suis persuadé! Tout comme je suis persuadé que notre système normatif s'accomode mal, voire pas du tout, de ce qui déroge à la norme: en clair, le Cantal est un département agricole et fortement boisé dans certaines de ses portions: y transite donc une quantité importante et régulière de véhicules qui sans doute sont moins nombreux sur d'autres axes du territoire et posent donc moins de problèmes dus à leur gabarit généralement supérieur à 4.30m.Grumiers, transports de paille et de foin, exportation de bovins vers l'Italie, transhumance de bovins au printemps et à l'automne: voilà la réalité des transports directement liés au terroir qui est le nôtre. Ceci n'est tout de même pas une nouveauté!
La conclusion de tout çà ? Je le répète: le tunnel du Lioran est un trés bel ouvrage, sécurisant, et le parti retenu de ne pas privilégier la ligne droite confère un agrément certain à cet édifice. A l'inverse, la non prise en compte des spécificités locales qui induisent un type de transport me laisse dubitatif.

Et après tout, n'est-ce pas un beau clin d'oeil du passé: le vieux tunnel permettait l'accès de quasiment tous les gabarits. Son successeur en est incapable
En conclusion de ctte situation amusante, je dirai que les ingénieurs qui conçoivent les camions ne sont pas ceux qui réalisent les tunnels
Quant à ceux qui feignent de découvrir la réalité, je ne leur dirai rien

dimanche 6 janvier 2008

Aubepine dans le Cantal

Dans le Cantal et plus précisemment au dessus d'Albepierre, en chemin vers le Plomb du Cantal (1855 m. le 2° sommet d'Auvergne après le Puy de Sancy (1885 m.)
Aubepine-Albepierre:quel lien entre les deux noms ? Le préfixe bien sûr: "alba" pour "aub" comme pour "albe".Quelque chose de blanc en quelque sorte.Nous reviendrons sur Albepierre (la pierre blanche) une autre fois.L' aubépine suffira à nos propos du jour.
Cest assurémment une belle et trés vieille aubépine que nous avons rencontré en cheminant en raquetteQuel âge ? Difficile à dire tant la croissance de cet arbuste est lente et laborieuse: il faudrait abattre ce bel édifice pour en savoir plus, mais qui oserait un tel sacrilège à moins d' y être contraint ?
La vue de ce trés vieil arbuste emmitouflé d'une neige fraîche fut un ravissement pour tous les participants
Mais qui connait l'aubépine à part ces épines blessantes? Ses fruits (cenelles) sont fades et insipides, ses épines acérées blessent cruellement. Et pourtant, cet arbuste n'est pas dépourvu de qualités: son bois, trés dur et résistant au frottement, a longtemps été utilisé pour la fabrication de pièces mécaniques.Ses fleurs, cueillies avant l'éclosion et infusées libèrent leurs vertus apaisantes (Un végétal anti-stress ?)

L'aubépine est aussi un porte greffe pour les néfliers, poiriers, pommiers et autres azerolliers, tous de la famille des rosacées
L'aubépine est aussi l'arbuste roi des haies dans leurs strate arbustive en compagnie des noisetiers, églantiers et autre sureau noir